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“Ce slogan “Assez d’inspiration, place à l’action” est un peu en réaction, à plein de messages qui sont tous très inspirationnels, mais si on ne passe pas à l’action derrière, il n’y a pas de transformation.”

Lilian Dauzat

One Year of Adventures

Assez d'inspiration, place à l'action

C’est en passant à l’action que la cohérence prend vie. Après avoir clarifié ce qui est important pour soi, être cohérent revient à faire ce qui est en accord avec ses valeurs. Nous pouvons vouloir porter les plus belles valeurs du monde. Cependant si nos actes transparaissent autre chose, c’est là qu’une certaine dissonance cognitive peut émerger.

Dissonance cognitive ?

Il s’agit de l’écart qui peut exister entre nos pensées, nos connaissances et nos actions.

L’activation des valeurs

“Les valeurs n’ont un effet sur le comportement que lorsqu’elles sont activées (Verplanken et Holland, 2002). L’activation peut ou non impliquer que l’on pense consciemment à cette valeur. Une part importante du traitement de l’information se fait sans que l’on en soit conscient. Plus une valeur est accessible, c’est-à-dire plus elle peut facilement venir à l’esprit, plus il est probable qu’elle soit activée. Parce que les valeurs les plus importantes sont les plus accessibles (Bardi, 2000), leurs liens avec le comportement sont plus forts.                             

Les situations qui ont un sens au regard de certaines valeurs les activent. Par exemple, une offre d’emploi peut activer la réussite, un accident de voiture peut activer la sécurité. Même le hasard peut augmenter la probabilité d’activation d’une valeur : ainsi, par exemple, si l’on rencontre des mots associés à une valeur dans une grille de mots-croisés, cela augmente les chances que cette valeur soit activée. S’il s’agit d’une valeur très prioritaire, cela peut induire un comportement.”

Shalom H. Schwartz

Et vous ?

Et vous ?

Quel monde voulons-nous ?

Un criminel est cohérent si ses valeurs sont de faire du mal autour de soi et perpétuer la souffrance humaine. Oui. C’est vrai. La morale et la règle d’or (ne pas faire aux autres ce que nous ne voulons pas qu’on nous fasse) sont les gardes fous de ces situations, d’où l’importance de s’interroger sur le monde dans lequel nous vivons et voulons vivre. Je ne peux dire quelles valeurs privilégier pour être heureux. Cela est propre à la situation de chacun et chacune. Mais y-a-t-il des incohérences entre ce que vous vivez et ce que vous souhaitez vivre ? L’action réside dans l’alignement de ces deux mondes : celui dont nous sommes témoins et celui que nous désirons pour soi ou le reste de l’humanité.

Découvrez le lien entre passage à l’action et le fait de sortir de sa zone de confort avec vidéo de Nicolas Felger.

Et vous ?

Et vous ?

Altruiste ou égoïste ?

De la complexité humaine émergent deux tendances : l’humain est porté à la fois par l’altruisme et l’égoïsme. Certaines situations peuvent influer sur notre posture face aux événements et donc sur notre capacité à répondre à nos besoins ou à ceux des autres. Cependant, malgré cette ambivalence, nous pouvons avoir une tendance plus forte vers un pan ou un autre du système de valeurs

Une étude de Common Cause Foundation réalisée au Royaume-Uni, montre que 74% des habitants déclarent privilégier des valeurs compassionnelles plutôt que des valeurs égoïstes.

Et vous ?

Et vous ?

Comment faire du monde un meilleur endroit ?

La théorie des valeurs explique que certaines valeurs sont opposées à d’autres et ne peuvent cohabiter en un même comportement car elles sont incompatibles. Une personne plaçant la bienveillance et l’universalisme en haut de sa hiérarchie des valeurs, aura beaucoup de mal à se retrouver dans des comportements et situations stimulant les valeurs de réussite et de pouvoir.

Ce mécanisme oppose les valeurs intrinsèques et les valeurs extrinsèques comme décrit dans la vidéo suivante extraite du documentaire.

Dans cette interview, Robert nous explique que c’est justement sur cette opposition qu’il faut jouer pour construire un monde plus juste, plus solidaire et plus enclin à défendre des valeurs écologiques.

Comment changer le monde ?

A partir de cette contradiction entre ces deux blocs de valeurs, Common Cause Foundation indique que, pour plus de justice sociale et environnementale, il faut organiser des actions faisant appel à la collaboration, la coopération, l’interdépendance des êtres vivants, la créativité et l’indépendance. Ces actions stimulent les valeurs de bienveillance, d’universalisme et d’autonomie, chez soi et les autres.

Bienveillance. Objectif : la préservation et l’amélioration du bien-être des personnes avec lesquelles on se trouve fréquemment en contact (l’« endo- groupe »). Les valeurs de bienveillance proviennent de la nécessité pour le groupe de fonctionner de manière harmonieuse (voir, par exemple, Kluckhohn, 1951 ; Williams, 1968) et du besoin d’affiliation de l’individu en tant qu’organisme biologique (voir, par exemple, Korman, 1974 ; Maslow, 1965). Les relations au sein de la famille ou des autres groupes de proches sont ici cruciales. La bienveillance met l’accent sur le souci du bien-être des autres.

Universalisme. Objectif : compréhension, estime, tolérance et protection du bien-être de tous et de la nature. Ceci contraste avec l’importance apportée à l’endogroupe pour les valeurs de bienveillance. Les valeurs d’universalisme proviennent du besoin de survie des individus et des groupes. Mais ce besoin n’est pas identifié tant que l’individu n’a pas été en contact avec d’autres groupes que celui de ses proches, et tant qu’il n’a pas pris conscience du caractère limité des ressources naturelles. L’individu peut alors réaliser que le fait de ne pas accepter que les autres soient différents et de ne pas les traiter de manière juste va provoquer un conflit mortellement dangereux. Il peut aussi réaliser que le fait de ne pas protéger l’environnement va conduire à la destruction des ressources dont la vie dépend. Les valeurs d’universalisme peuvent être divisées en deux sous-catégories, celles qui concernent les êtres humains (y compris les plus éloignés) et celles qui concernent la nature.

Autonomie. Objectif : indépendance de la pensée et de l’action – choisir, créer, explorer. L’autonomie comme valeur est ancrée dans les besoins vitaux de contrôle et de maîtrise (voir, par exemple, Bandura, 1977 ; Deci, 1975) et les exigences d’interactions nécessaires à l’autonomie et à l’indépendance (voir, par exemple, Kluckhohn, 1951 ; Kohn et Schooler, 1983 ; Morris, 1956).

Shalom H. Schwartz

« La question n’est pas soi ou les autres. Plus vous prenez soin de vous, plus vous rayonnez. Plus vous rayonnez, plus vous pouvez prendre soin des autres. » 

 

Lilou Macé et Arnaud Riou 

dans le Défi des 100 jours « Vivre la magie au quotidien »

Changer le monde rend-il heureux ?

Le sentiment que procure l’activation des valeurs de bienveillance, d’universalisme et d’autonomie est un sentiment intérieur que personne d’autre que soi ne peut confirmer ou valider. C’est en ce sens qu’il s’agit de valeurs intrinsèques. A contrario, la recherche de la réussite et du pouvoir sont des valeurs qui sont validées par un regard extérieur (les autres, la société, nos parents, etc.).

La théorie montre aussi une tendance plus forte à être heureux lorsque les valeurs intrinsèques sont stimulées et activées : se mettre au service des autres et donc participer à ce qui dépasse notre propre individualité. Mais ça je préfère vous laisser expérimenter au lieu de creuser la théorie.

Et vous ?

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Pour aller plus loin :

Crédits photos : Agathe Peyre

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