S'émerveiller

“L’inconnu existe, il est seulement au-delà de ce que nous connaissons. 

L’extraordinaire existe, il est seulement au-delà de l’ordinaire. »

 
Extrait du livre Le coming-out spirituel 
 
La capacité d’ouvrir les yeux sur ce qu’il y a autour de nous est cruciale afin de cultiver le lien à la nature, aux autres, à soi.  
 
 

S'émerveiller de la nature​

L’anecdote : Good Hope – 1er décembre 2017

J’étais tranquillement sur la plage du Cap de Bonne Espérance. Je rangeai mon appareil photo après avoir pris de belles images de l’océan s’écrasant sur les falaises. J’ai relevé la tête et c’est alors que j’ai vu un babouin courant vers moi, au loin. Il est important de savoir que cet animal sauvage est agressif, n’hésite pas à s’approcher des humains pour obtenir ce qu’il veut et est 9 fois plus puissant qu’un homme. Pendant les secondes qui ont suivi j’ai été tétanisée et j’ai décidé que si je pouvais sauver quelque chose ce serait mon appareil photo déjà dans mes mains. J’avais peur que le babouin s’attaque à moi physiquement, comme ils peuvent le faire. Il a fini par arriver à hauteur de mon sac, posé sur le sable à 2 mètres de moi. Il s’en est emparé et est reparti dans l’autre sens avec toutes mes affaires : passeport, téléphone portable, clé de maison, micro, et sandwich au chocolat. Il avait senti l’odeur du sandwich à des kilomètres et me le volait pour en faire son repas. Alors que je lui courais après, armée de mon trépied, il a pris un malin plaisir à sortir chacune des affaires du sac, les renifler et les jeter sur le sable dès que ça ne correspondait pas à ce que son flair lui avait indiqué. Je lui hurlais dessus, il me répondait en montrant les dents. Je n’aurai jamais osé le frapper avec le trépied, au risque d’avoir toute une horde de babouins après moi. Je voulais surtout me protéger de cet animal sauvage et imprévisible.

Il a fini par trouver le sandwich tant espéré et a laissé le reste de mes affaires derrière lui, sauf les clés de maison et le portable que je n’ai pas réussi à retrouver.

La journée avait pourtant si bien commencé. J’avais été très heureuse d’aller par mes propres moyens au Cap de Bonne Espérance, de profiter de la route qui longe l’océan et de prendre des images pour le film. Le paysage m’avait même inspiré un texte, que j’avais noté sur le fameux portable.

Cette journée du 1er décembre 2017 m’a fait passer par 2 émotions antagonistes : la joie provoquée par la liberté du voyage et la peur de mourir à cause d’un babouin affamé.

Les 2 leçons du babouin

Après cet épisode, j’ai réalisé 2 choses :

  • Je ne suis pas plus privilégiée que quiconque face à la nature sauvage
  • Je m’émerveille d’être vivante et de pouvoir vivre aussi intensément

Differences and bounds – Des différences et des liens

Le texte que je venais d’écrire avant que le babouin n’arrive, était justement à propos de la beauté de la nature sauvage que la force des vagues me montrait. Mais dans le texte que j’avais noté, j’avais omis de préciser la puissance de cette nature et donc ma vulnérabilité. Le babouin est venu me la rappeler.

Voici le texte que j’ai réécris peu de temps après. En partant de la puissance et la beauté de la nature, j’y explore le lien entre la nature et l’humanité et le principe d’interdépendance entre humains et entre êtres vivants.

Et vous ?

Et vous ?

“On ne peut pas peindre du blanc sur du blanc, du noir sur du noir.

Chacun a besoin de l’autre pour se révéler.”

 
Manu Dibango

S'émerveiller du lien avec les autres

“L’humanité est une unité.”

Tous nos efforts devraient être concentrés pour reconstruire cette unité et la faire vivre. S’émerveiller de notre lien aux autres permet d’explorer ce que l’altérité veut dire, c’est à dire : voir les autres tels des miroirs de soi-même, un prolongement de soi, des frères, des sœurs. Nous avons face à nous tout un programme afin de limiter et faire disparaître les formes de discrimination et d’intolérance que sont les comportements racistes, sexistes, validistes, ….

Gardons la main tendue vers l’autre, vers l’inconnu et vers l’étranger.

L’anecdote : Faire confiance – Janvier 2019, Montpellier

Elle m’a interpellée alors que j’étais à vélo. “Etes-vous étudiante ?” “Non, pourquoi ?” Je m’arrête. Elle m’explique qu’elle doit prendre le train pour Marseille pour aller au consulat de son pays, mais cela coute 30 euros et elle attend sa nouvelle carte de crédit pour remplacer celle qu’on lui a volé. Elle ne m’a pas demandé d’argent, elle m’a expliqué sa situation. Cela tenait debout. Après avoir discuté, on a fini par trouver un distributeur pour que je lui donne 30 euros. Elle promettait de me rembourser une fois qu’elle aurait récupéré sa nouvelle carte de crédit. Je me suis dit que si je me retrouvais un jour dans une situation similaire, où la seule solution serait de demander de l’aide, alors j’aimerais que quelqu’un soit là pour m’aider.

“Mais si je prends le train ce soir pour Marseille je n’aurais nulle part où dormir.” “Et ici vous allez dormir où ?” “Je ne sais pas, je pourrais prendre une chambre mais c’est cher.” Me voilà en train d’appeler mes colocataires pour leur demander si ça leur paraît raisonnable de lui offrir le canapé pour cette nuit. Ils me disent de l’inviter : “Evidemment, on ne va pas la laisser dehors.” Je lui dis que les personnes avec qui je vis sont d’accord pour qu’elle vienne dormir à la maison. Elle a un moment de doute : “Et si je les énerve, ils vont pas vouloir de moi.” “Mais si, ils sont gentils, si vous me faites confiance vous pouvez aussi leur faire confiance.” Elle accepte l’aide. Je marche avec elle et mon vélo jusqu’à chez moi. Elle me questionne sur ma vie, je la questionne également en confiance. Elle passe la nuit chez nous. Nous n’avons pas été agressés dans notre sommeil. Elle repart le lendemain en nous demandant un peu plus d’argent pour aller un peu plus loin avec le train.

On ne sait pas si ce qu’elle nous a raconté est vrai. On en doute, mais on ne regrette pas d’avoir répondu à sa demande, la demande de l’autre, l’inconnu, l’étranger.

Après cet épisode, je me demande si la vie ne voulait pas me tester. Quand quelqu’un nous demande de l’aide, la réponse est d’autant plus difficile si notre propre sécurité semble compromise. En l’occurrence, je ne me sentais pas en danger, bien que mon instinct m’a réveillé en pleine nuit pour vérifier que tout allait bien dans l’appartement.

Mon instinct me dit de me méfier de l’inconnu car il peut y avoir danger.

Mon cœur me dit de tendre la main, car cela pourrait m’arriver.

Peut-être que sa situation était tout autre. Etait-elle finalement une personne à la rue qui ne voulait pas l’admettre ? C’est possible et cela peut se comprendre. Et je ne l’aurais peut-être pas autant aidée si elle m’avait juste demandé de l’argent au lieu d’exposer un concours de circonstances. C’est terrible, mais mon instinct m’aurait dit de me méfier.

J’ai peut-être été manipulée, je ne sais pas, peu importe. Elle m’expliquait son besoin et m’invitait à y répondre. Une façon non-violente pour obtenir ce dont elle avait besoin.

D’où vient ce mélange de peur et d’empathie ? Pourquoi des êtres aussi semblables pourraient être malveillants entre eux ? Ce qu’on inflige aux autres, n’est-ce pas se l’infliger à soi-même ?

Et vous ?

Et vous ?

“Vous accepter est un apprentissage, un parcours.

C’est le plus beau cadeau que vous puissiez vous faire, et faire au monde aussi.”

 
 
Nathalie Lefèvre
Extrait du livre « C’est décidé, je m’épouse »

S'émerveiller des ressources en soi

L’anecdote : Année 2018

Est-ce raisonnable ?

Fin 2017, je me suis lancé un défi fou. Je n’ai pas pris le temps de me demander si c’était raisonnable. Je me suis simplement dit : « Je vais faire un film sur la recherche de cohérence ». Je ne me suis pas demandé si j’avais les compétences pour prendre des images et les monter ou l’énergie pour porter ce projet jusqu’au bout. Plus tard, j’ai compris que faire un film est un métier, plusieurs métiers même ! Mais ça ne m’a pas empêché de relever le défi. Quand j’ai admis que je n’avais pas toutes les compétences, c’est alors que les bonnes personnes se sont présentées à moi : pour le travail du son, le graphisme, le montage, le site internet. Je ne sais pas comment j’aurais fait sans ces personnes, mais la personne en qui il fallait que je crois le plus était moi-même.

Le montage

En juillet 2018, j’ai cessé de tourner les interviews. En juin, j’avais déjà commencé à transcrire les interviews précédentes mais je savais que le plus gros restait à faire. Je me suis donné l’été pour arriver à une version du documentaire qui tient la route. En gros, 2 mois pour monter 90 minutes. On m’a dit que c’était impossible pour une non-professionnelle. Alors j’ai pris les choses en main, j’ai fait appel à toutes les ressources présentes en moi.

Le défi des 100 jours

Non, je n’ai pas arrêté de dormir ou de manger. J’ai pu profiter de mon été et même déménager.

Le 2 juin, j’ai entamé mon premier défi des 100 jours de Lilou Macé. Le principe consiste en un cahier d’exercices où chaque jour, il y a un défi qui permet d’avancer sur la connaissance de soi, la sérénité et l’authenticité. Au début des 100 jours, il est proposé de poser une intention. L’une des miennes était d’avoir fini le film au bout des 3 mois. Ce n’est qu’en septembre avec une version 0.4 du film à peu près cohérente que j’ai réalisé la puissance de ce programme de développement personnel et la richesse de ce qu’il y a en moi. Pendant ces 100 jours, toute mon attention a été tournée vers le film. Ce qui a tout changé, c’est qu’en ayant posé l’intention de réussir, j’y croyais dur comme fer que j’allais y arriver.

Et vous ?

Et vous ?

Crédits photos : Agathe Peyre

Laisser un commentaire

Fermer le menu